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Accueil » Tribune : Justice et déséquilibre – Quand la vie d’un homme vaut moins qu’un lion( Par Lamine Horé Kollet)
Libre Opinion

Tribune : Justice et déséquilibre – Quand la vie d’un homme vaut moins qu’un lion( Par Lamine Horé Kollet)

karakannews.comBy karakannews.comfévrier 12, 2025Aucun commentaire2 Mins Read
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L’affaire qui secoue actuellement Mali Yemberin illustre une fois de plus le déséquilibre dans l’application de la justice environnementale en Guinée. Un éleveur, confronté à un lion menaçant, a pris la décision radicale de le tuer. Pour cet acte, il a été condamné à payer une amende de 12 millions de francs guinéens. Mais une question demeure : que se serait-il passé si, au lieu de tuer l’animal, c’était lui qui avait été dévoré ?

Cette décision de justice soulève plusieurs interrogations. D’un côté, il est indéniable que les lions sont une espèce protégée et que leur disparition progressive inquiète les défenseurs de la biodiversité. De l’autre, il s’agit d’un homme qui a agi avant tout pour sa survie et peut-être celle de son troupeau. Dans un contexte où les éleveurs et les agriculteurs se retrouvent souvent en conflit avec la faune sauvage, la protection des espèces menacées ne peut pas se faire au détriment de la vie humaine.

Si l’éleveur avait été tué par le lion, l’État aurait-il indemnisé sa famille ? La justice aurait-elle engagé des poursuites contre un animal sauvage ? Évidemment non. Pourtant, dans ce cas précis, l’éleveur doit payer une somme qui représente une fortune pour un simple paysan.

L’équilibre entre la protection de la nature et celle des citoyens est un défi auquel nos autorités doivent répondre avec plus de discernement. La conservation de la faune est essentielle, mais elle ne doit pas se transformer en une injustice pour les populations rurales qui, souvent, ne bénéficient d’aucune protection face aux dangers que représente cette même faune.

Il est urgent de repenser notre approche. Plutôt que de condamner systématiquement les hommes qui se défendent contre les animaux sauvages, ne faudrait-il pas instaurer un véritable programme de prévention des conflits entre l’homme et la faune ? Encourager la cohabitation pacifique à travers des mesures de protection des villages et des troupeaux, ainsi qu’une indemnisation équitable en cas d’attaques, serait une meilleure solution que de sanctionner un homme qui n’a fait que protéger sa vie.

La justice doit être équitable. Elle ne peut pas exiger d’un berger qu’il sacrifie sa vie sur l’autel de la conservation, sans lui offrir de solutions viables. Si nous voulons réellement protéger la nature, nous devons d’abord protéger ceux qui cohabitent avec elle.

Par Lamine Horé Kollet 

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