Dans l’histoire d’un peuple, il arrive un moment où le silence vaut mieux que toutes les paroles. En Guinée, où les débats sont souvent animés par des passions incontrôlées, où chaque attaque appelle une contre-attaque immédiate, cette sagesse semble de plus en plus oubliée. Pourtant, il est des instants où se taire n’est ni un aveu de faiblesse ni un renoncement, mais une marque de grandeur et de responsabilité.
Le pays est pris dans un cycle incessant de polémiques, où chaque déclaration publique est immédiatement suivie de réactions outrées, de répliques cinglantes et de justifications interminables. Les réseaux sociaux et les médias deviennent des arènes où s’affrontent des adversaires inflexibles, prêts à tout pour avoir le dernier mot. Cette escalade verbale ne fait qu’alimenter la division et éloigner la possibilité d’un dialogue sincère et apaisé.
Or, le silence, loin d’être une fuite, peut être une arme de construction. Il permet la réflexion, l’apaisement et parfois même la réconciliation. Il donne le temps de peser les mots, de comprendre l’autre et de choisir une réponse qui apaise au lieu d’attiser le feu. Dans une société fracturée par des tensions politiques, ethniques et sociales, apprendre à se taire au bon moment pourrait être une des clés du vivre-ensemble.
Les grandes nations ne se construisent pas dans le vacarme des invectives, mais dans la sagesse de ceux qui savent écouter et parler quand il le faut. Pour la Guinée, il est temps de redécouvrir cette sagesse : celle qui sait que parfois, le silence est plus beau que tout ce que l’on pourrait dire.
Mady BANGOURA
