Quarante-huit (48) heures après l’annonce de la suspension « orale » de l’Union des Forces Républicaines (UFR) par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), aucun document officiel n’a été notifié au parti. Cette absence de communication officielle soulève des interrogations légitimes sur la légalité et la légitimité de cette décision.
Le fait qu’un émissaire du parti ait cherché à obtenir des explications immédiatement après l’annonce et qu’il lui ait été répondu que l’UFR devrait se présenter le lundi suivant pour une notification qui, finalement, n’a jamais eu lieu, témoigne d’une improvisation manifeste. Tout indique que les motifs de cette suspension sont en cours de fabrication après coup, dans une tentative de justifier une décision déjà actée sans fondement réel.
Cette situation ne fait que confirmer les craintes répétées du Président Sidya TOURE sur l’effondrement institutionnel que connaît notre pays. Un État qui prend des décisions d’une telle gravité sans en notifier les raisons à la partie concernée, et qui semble chercher des justifications a posteriori, se discrédite lui-même. L’absence de cadre légal et de transparence dans cette affaire reflète un dysfonctionnement profond des institutions et une dérive autoritaire inquiétante.
Comme l’ont souligné les Forces Vives de Guinée dans leur communiqué du 14 mars 2025, cette suspension s’inscrit dans une logique plus large de musellement de l’opposition et de rétrécissement de l’espace démocratique. Ce n’est plus seulement l’UFR qui est visée, mais l’ensemble du système politique guinéen qui se trouve menacé par des décisions arbitraires et non fondées.
Il revient dès lors à notre génération, comme le disait Frantz Fanon, de prendre ses responsabilités face à cette dérive. Car, comme il l’affirmait, « chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». Aujourd’hui, notre mission est claire : refuser l’arbitraire, défendre l’État de droit et exiger que la Guinée redevienne une nation gouvernée par des principes de justice et de transparence.
Fode BALDÉ, responsable communication UFR
