En Guinée, les agents de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) n’ont pas perçu leur salaire depuis quinze mois. Une situation critique qui fragilise à la fois les agents et la mission stratégique de l’institution.
Depuis 2023, les arriérés de salaires s’accumulent à l’ANSSI Guinée. À ce jour, les 31 employés de l’agence publique cumulent quinze mois sans rémunération. En 2024, seuls quatre mois de salaires ont été versés. En 2025, alors que nous sommes en mai, aucun paiement n’a encore été effectué.
Cette précarité grandissante plonge les agents dans une détresse silencieuse. Certains, selon des témoignages internes, peinent à subvenir à leurs besoins élémentaires. « Nous continuons à travailler, mais jusqu’à quand ? », s’interroge un employé.
Derrière cette crise, les regards se tournent vers la direction de l’agence. Nommé en 2022, le directeur général Famo Youla est pointé du doigt pour sa gestion controversée. Des blocages administratifs seraient liés à l’absence de justificatifs sur l’utilisation de fonds antérieurs.
L’État, de son côté, reste silencieux. Mais la question demeure. comment garantir la cybersécurité nationale lorsque ceux qui en sont responsables sont livrés à eux-mêmes ?
Abdoul Latif Diallo
Journaliste d’investigation
