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Accueil » Permis minier d’Axis : le choix controversé du ministre Bouna Sylla en faveur de SD Mining
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Permis minier d’Axis : le choix controversé du ministre Bouna Sylla en faveur de SD Mining

karakannews.comBy karakannews.comjuillet 13, 2025Aucun commentaire3 Mins Read
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Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a récemment signé un mémorandum d’entente (MoU) avec la société chinoise SD Mining pour l’attribution du permis d’exploitation retiré à Axis, sur lequel évoluait l’entreprise guinéenne AGB2A-GIC et SD Mining. Ce choix suscite de vives interrogations, tant la proposition de l’entreprise locale semblait plus avantageuse pour l’État guinéen.

Selon des sources internes au ministère, SD Mining aurait soumis deux offres : l’une proposant 250 millions de dollars dont 125 millions immédiatement et 125 millions durant l’exploitation ; l’autre évoque un paiement initial de 50 millions, 75 millions à court terme, et le reste en cours d’exploitation. Face à cela, AGB2A-GIC, détenue à 100 % par des Guinéens, a proposé un versement immédiat de 150 millions USD et 100 millions supplémentaires dans les six mois.

Outre le caractère plus direct et sécurisant de l’offre guinéenne, celle-ci garantit à l’État un encaissement rapide du montant de cession, tout en maintenant un flux annuel estimé à 50 millions USD issus de l’amodiation. AGB2A-GIC affirme même être prête à rehausser son offre.

Dans un contexte où la transparence et la souveraineté économique sont des priorités affichées par les autorités, cette décision du ministre soulève de nombreuses questions :

• Pourquoi avoir privilégié une offre jugée moins bénéfique pour les finances publiques ?

• Pourquoi écarter une entreprise locale disposée à payer davantage et plus rapidement ?

• Pourquoi ne pas avoir maintenu les deux opérateurs sur le permis, comme l’auraient recommandé certains hauts cadres du ministère, en exigeant un versement équitable de 125 millions USD chacun ?

• Quel est l’intérêt d’un MoU dans une affaire aussi stratégique pour le Trésor public, alors qu’aucune garantie sérieuse n’a encore été apportée sur les retombées locales, notamment en matière d’emplois ou de rapatriement des bénéfices ?

AGB2A-GIC est active sur ce permis d’Axis depuis un accord signé en mars 2022 avec SD Mining, où les deux parties s’étaient engagées à ne mener aucune action hostile l’une contre l’autre. Ce protocole de coopération n’a visiblement pas été respecté.

Historiquement, le permis avait été amodié par AGB2A à travers un partenariat regroupant GIC (58 %) et SD Mining (42 %). En 2022, sous pression du ministère des Mines, la société guinéenne a accepté une séparation, permettant aux deux entités d’exploiter les permis de manière autonome. Il en a résulté la séparation des deux entités, chacune conservant ses ambitions sur le permis concerné, et la création de deux nouvelles sociétés opérationnelles : AGB2A GIC, entièrement contrôlée par GIC ; AGB2A SD Mining, détenue à 100 % par SD Mining.

Le second permis, celui de Guinea Brain Touch (GBT), aujourd’hui presque épuisé, a été faiblement valorisé par AGB2A, l’essentiel de son exploitation ayant été faite par SD Mining ces dernières années.

La rupture du partenariat a toutefois laissé un lourd passif de 28 millions USD à la charge de GIC. Malgré cette dette contractée dans des conditions très contestées, l’entreprise guinéenne a pu rebondir. En 2024, elle avait déjà apuré plus de 80 % de cette dette, exporté 7,5 millions de tonnes de bauxite et investi plus de 300 millions USD dans un nouveau port dans la zone concernée. Elle vise désormais une production annuelle comprise entre 15 et 18 millions de tonnes dès 2025.

Dans ce dossier sensible, les faits sont clairs : une entreprise guinéenne, structurée, performante et volontaire, a été écartée au profit d’un opérateur étranger. Il revient désormais aux plus hautes autorités de la République de se prononcer.

Maïmouna Traoré

 

 

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