De nombreux retraités dénoncent aujourd’hui les lentes procédures et obstacles liés au retrait de leurs pensions auprès de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS).
Selon plusieurs témoignages, les citoyens sont confrontés à plusieurs difficultés. Des tracasseries liées à la fourniture de documents, notamment, la carte d’identité biométrique que les citoyens ont du mal à s’en procurer dans les commissariats.
«Oui, effectivement, nous rencontrons beaucoup de difficultés pour la récupération des pensions de nos mamans, de nos papas, de nos vieilles personnes qui ne sont plus en mesure de venir, de se déplacer pour venir récupérer le peu d’argent que leur mari a eu. Pour avoir ça, c’est tout à fait un parcours combattant, c’est-à-dire un chemin à parcourir. Vraiment, nous rencontrons beaucoup de difficultés par rapport à la Caisse nationale de prévoyance sociale» , a expliqué un citoyen qui préféré gardé l’anonymat .
Cette longue procédure entraîne des frustrations chez les pensionnés qui, pour la plupart, dépendent entièrement de ces allocations pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Certains évoquent même des frais de déplacement coûteux et des tracasseries administratives qui s’ajoutent à leurs difficultés.
« Il y a tout un protocole qui s’impose à nous à chaque fin du mois, à chaque paye . Là, ils nous demandent autant de pièces à fournir. Chaque fois, il faut envoyer ça. Par exemple, le mois-là, ils nous demandent d’envoyer des cartes d’identité. Sans quoi, personne ne sera payé. Vous-même, vous savez le problème des cartes d’identité en Guinée actuellement. Non seulement le gouvernement du général Mamadi Doumbouya a rendu gratuite l’obtention de la carte d’identité biométrique, mais pour avoir ce sésame, ce n’est pas du tout facile. Donc, une fois engagé les dossiers pour avoir la carte d’identité, ça peut prendre au moins deux semaines, jusqu’à un mois, deux mois. Donc, sans ça les gens-là disent qu’ils ne vont pas payer les gens si ce n’est pas avec la carte d’identité biométrique. Ça devient compliquer parce que Il y a des gens même qui sont allés dans les différents commissariats pour engager l’obtention des cadres d’identité. Et à l’issue de ça, on leur donne des délais qui varient de un mois à deux mois. Et si cela tombe tôt, ta carte d’identité n’est pas encore sortie, tu ne pourras pas récupérer ta pension. Et sans quoi, quelqu’un qui est parti au commissariat, il a fait un engagement pour avoir la carte d’identité. Et qu’on lui a donné un reçu. Mais cela suffit vraiment à savoir que vraiment il s’est engagé pour avoir la carte d’identité. Parce qu’on ne peut pas avoir le reçu sans pour autant ne pas passer dans un commissariat pour l’obtention de sa carte d’identité. Si l’obtention de la carte d’identité fait défaut au niveau du commissariat, finalement, toi, tu n’auras pas ta pension» , a ajouté notre interlocuteur.
En plus de ces difficultés évoquées, cet citoyen rentré dans la commune de kaloum ajoute .
« Ensuite, ils nous demandent des dossiers, par exemple pour les fiches A. Les fiches qui datent de 1900, 1800, je ne sais pas. Donc il faut la présence de ces fiches-là. Pourtant, il y a des vieilles, au moment où ils étaient aux affaires, jusqu’à maintenant, ils n’ont pas pu garder les anciens documents là donc c’est l’une des difficultés encore parce que si toi ton parent il est vieux il se rappelle même pas de ceux qui s’appellent Fiche A, il aura des difficultés finalement on va le bloquer. Donc c’est l’une des difficultés qu’on a là-bas. C’est entre autres un peu ça. Il y a d’autres problèmes qui sont là. En tout cas..
Face à cette situation, des voix s’élèvent demander à la CNPS et aux autorités concernées de prendre des mesures urgentes, afin de garantir aux retraités un accès rapide, transparent et digne à leurs droits acquis après de longues années de service.
« Le message que j’ai à lancer au général Aminata Diallo, c’est vraiment de venir en aide aux vieilles personnes. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que nous qui sommes actuellement en activité, nous sommes jeunes. Nous faisons le travail de nos parents, de nos grands-parents qui sont couchés à la maison, qui ne peuvent plus se déplacer pour venir récupérer leurs pensions. S’ils nous envoient pour venir chercher l’argent, c’est juste pour leur rendre le service parce qu’ils se disent que vraiment, l’argent là, on ne peut pas laisser ça, nos maris ont travaillé durement pour ce pays. Donc, on ne peut pas laisser l’argent là partir comme ça» , a conclu notre interlocuteur complètement angoissé .
La rédaction
