L’Association guinéenne des éditeurs de presse indépendante (AGEPI) traverse l’une des crises les plus profondes de son histoire. Jadis considérée comme une voix unie et influente de la presse privée en Guinée, l’organisation est aujourd’hui minée par des divisions internes persistantes, au point de fragiliser sa crédibilité et son rôle de défense des intérêts des médias.
Au cœur de cette crise, des divergences de leadership, des querelles de légitimité et des désaccords sur l’orientation stratégique de l’association. Deux camps se disputent la représentativité de l’AGEPI, chacun revendiquant la légalité de ses instances et la reconnaissance des autorités. Cette situation de blocage a entraîné une paralysie quasi totale des activités, au détriment des éditeurs de presse déjà confrontés à de multiples difficultés économiques et institutionnelles.
Cette division intervient sous le regard attentif de Boubacar Yacine Diallo, figure emblématique de la presse guinéenne. Ancien président de l’AGEPI, qu’il a dirigée durant plusieurs années, il occupe aujourd’hui le poste stratégique de président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), l’organe de régulation des médias en Guinée. Une position qui le place à la fois comme témoin privilégié et acteur institutionnel indirect de la crise actuelle.
Pour de nombreux observateurs, la situation est d’autant plus délicate que M. Diallo connaît parfaitement les rouages, les ambitions et les fragilités de l’AGEPI. Certains éditeurs estiment que son expérience pourrait contribuer à une médiation salvatrice, tandis que d’autres jugent que la HAC, en tant qu’institution, doit se garder de toute immixtion directe dans les affaires internes d’une association professionnelle.
Sur le terrain, les conséquences de cette division sont déjà visibles. L’AGEPI peine à parler d’une seule voix face aux autorités, notamment sur des dossiers cruciaux tels que l’accès à la publicité publique, la régulation économique des médias ou encore la protection des entreprises de presse. Cette faiblesse collective renforce la précarité d’un secteur déjà éprouvé par la baisse des revenus, la transition numérique difficile et les pressions diverses.
Des appels à l’unité se multiplient au sein de la corporation. Plusieurs journalistes et éditeurs plaident pour un dialogue inclusif, la tenue d’une assemblée consensuelle et le respect des textes fondateurs de l’association. Pour eux, l’avenir de la presse privée guinéenne dépend largement de la capacité de l’AGEPI à dépasser ses querelles internes.
En attendant, l’association reste divisée, et le malaise persiste. Sous les yeux de Boubacar Yacine Diallo, ancien président de l’AGEPI devenu président de la HAC, cette crise symbolise les défis plus larges auxquels fait face la presse guinéenne : manque de cohésion, gouvernance fragile et nécessité urgente de réformes internes pour préserver l’indépendance et la viabilité du secteur.
En attendant , les fractions de l’association sont devant le tribunal de première instance de kaloum.
La redaction
