Le projet Simandou, la montagne qui alimente les fantasmes des miniers et des autorités guinéennes. L’exploitation des 2,4 milliards de tonnes de minerai de fer, repoussée durant des décennies, doit démarrer fin 2024 car l’enjeu est considérable pour l’économie guinéenne.
Depuis quelques mois les entreprises en charge de la construction des infrastructures travaillent d’arrache-pied pour respecter le délai prévu pour le démarrage de la production.
Déjà avant le début de l’exploitation de cette mine importante pour ce pays de l’Afrique de l’ouest , les riverains du chemin de fer commencent à se plaindre des conséquences négatives qu’ils enregistrent dans leur localité depuis le début des travaux de construction, c’est le cas de plusieurs localité voisines de la mine et du chemin de fer à Kérouané.
Situé à la périphérie de la ville de ĺuté en eau , a-t-on constaté. Une situation qui commence à inquiéter les riverain du chemin de fer qui ne savent plus où donner la tête. C’est le cas de Mory DIALLO citoyen de Tolomasso que nous avons rencontré .
« Je suis riverain des rails du projet Simandou à Kérouané . Je suis à 300m des rails de Wining Consortium à Tolomasso. Les promesses tenues par les dirigeants de la compagnie minière lors de son installation sont loin d’être respectées .Lors de son installation ,l’entreprise minière avait promis de dédommager les personnes qui seront impactées par le plus grands projets de mines de fer au monde .Mais malheureusement pour nous , ils ont tout détruit ici , nos champs ,nos cours d’eaux sont pollués .Nous souffrons ,hier à travers mon champs ,j’avais près de 40 sacs de riz mais aujourd’hui, on gagne à peine 5 sacs de riz à cause de la pollution de nos terres .Nos terres sont envahies par les déchets de la société minière » a déploré Mory DIALLO.
Les mêmes impacts sont constatés à plus de 30 km de la ville de Kérouané . Notamment à Diarakendou dans la sous-préfecture de Damaro ,une localité abritant la mine de Wining Consortium Simandou. Laye CAMARA est riverain de cette mine. Il explique ici les difficultés que rencontrent les habitants de ce petit village situé à proximité du mont Simandou .

« La première difficulté à laquelle nous sommes confrontés depuis l’installation de Wining Consortium Simandou est le problème d’eau. Ici à Diarakendou nous souffrons de problème d’eau car notre source d’eau a été polluée par la compagnie minière chinoise. On ne peut plus consommer l’eau de notre source, car on ne connait pas la nature des produits chimique qu’ils utilisent. Donc vouloir consommer cette eau devenue très rouge suite à la pollution, on risque de contracter des maladies, notamment la diarrhée, bref des maladies. Nos animaux aussi sont menacés. On a introduit une requête auprès de la société pour avoir un forage. Mais notre demande est restée sans suite. La compagnie, s’est contenté juste de poser quelques bidons à travers lesquels on nous donne de l’eau dont on ignore la qualité ».


« La société nous a expropriés de nos terres, ils ont évalué ces terres à 223 millions de francs guinéens pour finalement construire une maison des jeunes dans le villages. Mais à notre avis il ya une surfacturation car le bâtiment qui est en construction ne reflète pas ce montant . Je vous signale que les travaux de construction de cette maison des jeunes est à l’arrêt depuis quelques mois. ».

Cet autre citoyen qui a préféré gardé l’anonymat est lui aussi une victime habitant le village appelé Diala. Aujourd’hui, il ne peut plus cultiver son bas- fond. Depuis l’arrivée de cette compagnie minière dans la ville de Kérouané, il ne peut plus cultiver convenablement et voit le rendement baisser car son champ est envahi par les déchets solides qui arrivent dans son bas fond via les canaux d’évacuation des eaux usées installés par la compagnie minière chinoise choisie par la société détentrice des blocs 1 et 2 du mont Simandou pour réaliser l’infrastructure d’évacuation du minerais de fer .


« Au lieu de parler des autres ,ils faut parler de soi- même .Mon bas-fond là ,depuis l’arrivée de cette société chinoise dans notre zone ici à Kérouané ,y a deux ans maintenant que je n’arrive plus à produire convenablement .De l’année dernière jusqu’à maintenant ,je souffre et je peux pas décrire le degré de cette souffrance que je traverse car mon grand frère et moi ,nous nourrissons nos familles à travers nos activité agricoles dans ce bas-fond que vous voyez .Dans les années antérieures ,on pouvoir récolter jusqu’à 160 sac de riz mais aujourd’hui cela n’est plus possible. L’année dernière je n’ai pu récolter que 7 sac de riz à cause de la pollution et l’envahissement de mon champs par les déchets solide qui arrivent sur cette superficie agricole via les canaux d’évacuation que Wining a orienté dans nos bas-fond .Cette année ,vous-même voyez mon riz ,il n’est pas encore récolté mais je pense pas récolté même trois sacs de riz .Nous n’avons pas où aller ,nous n’avons pas appris un métier et nous voulons vivre de nos activités champêtres .Nous interpellons l’Etat car nos droits sont bafoués par le groupe chinois .Les infrastructures de développement d’accord mais notre survie avant tout » .
Récemment le comité de suivi des impacts du projet Simandou installé à Kérouané a publié son rapport trimestriel sur les impacts enregistrés dans la zone . Un rapport dans le comité appelle la direction la multinationale à être à l’écoute des riverains de son projet afin de faciliter la bonne collaboration entre société minière et communauté.

« Nous avons fait certaines recommandations. Donc à l’entreprise ,c’était de privilégier la consultation des communautés .Donc , à chaque phase que les communautés soient consultées ,qu’elles soient informées .Deuxième recommandation ,nous avons dit de partager les informations avec les communautés .C’est à dire, ils peuvent faire des échantillonnages, prendre des échantillons d’eau pour aller faire des analyses dans les laboratoires .Mais au retour ,il faut que la communauté soit mise en copie .Donc ,ils peuvent aussi prendre des échantillons de l’air pour contrôler la pollution de l’air et partager ces données avec les communautés .Nous leur avons dit de prendre en compte les plaintes formulées par les communautés riveraines du projet, répondre et souvent se mettre à la disposition des communautés . Je crois que l’entreprise à son tour à pris des engagements pour dire qu’elle est prête à continuer de dialoguer avec les communautés. Elle nous a recommandé d’accepter de formuler une politique de collaboration entre communauté et l’entreprise. Donc nous sommes en train de rédiger un certains nombres de points, de politique que nous allons soumettre à la multinationale. L’appel que j’ai à lancer au partie prenante du projet Simandou, c’est la cohésion sociale, la règlement pacifique des différends qui naitront. C’est l’unité de ces communautés, car si nous parvenons à nous unir, je pense que même devant les chars de combat, on pourra résister. A L’entreprise, c’est rester à l’écoute. Aucune entreprise ne peut valablement travailler tant qu’il n’y a pas de cohésion sociale. Il faut que ces entreprises acceptent de venir consulter. Il faut que ces entreprises acceptent de venir informer car à chaque phase du projet, les communautés ont besoin d’information », a indiqué Ansoumane Zico Camara, membre du comité de suivi des impacts du projet Simandou à Kérouané.
Contactés par notre rédaction pour avoir sa version sur cette question de pollution et spoliation des terres dans la ville de Kérouané, les responsables de l’entreprise minière en charge de la construction du chemin de fer Forécariah –Kérouané et ceux de Wining Consortium Simandou n’ont pas voulu communiqué sur le sujet car estimant n’avoir pas été autorisé à parler à la presse.
Mamoudou DIALLO Journaliste chargé de questions minières
Tel : +224622720120
