Sept mineurs sont morts et un autre grièvement blessé jeudi 13 février 2025, dans un éboulement de terre. Le drame s’est produit dans une mine artisanale d’or à Bouré Boucaria, un district relevant de la sous-préfecture de Kintinian, dans la préfecture de Siguiri.
Un autre éboulement survenu dans la mine artisanale de Kassa-Kassa, relevant de la commune rurale de Maléah, qui est située à plus de 100km de Siguiri-Centre. Cet autre accident s’est produit dans la mine de Kassa-Kassa, où trois orpailleurs ont perdu la vie. Selon un témoin présent sur les lieux du drame, il s’agit d’une ancienne mine artisanale située à plus de 100 kilomètres du centre-ville de Siguiri, récemment relancée par des orpailleurs.
C’est le triste bilan macabre dans le secteur de l’exploitation artisanale en Guinée en ce début d’année 2025.
Chose qui pousse aujourd’hui l’opinion à se poser la question de savoir pourquoi la multiplication de ces éboulements avec des conséquences humaines très fâcheuses .
Selon des observateurs aguerris du secteur minier , notamment celui de exploitation artisanale, l’État devait s’inscrire dans une logique d’anticipation pour éviter ou amoindrir les dégât non seulement sur le plan humain mais aussi environnemental . Une direction a ce rôle,il s’agit bien de la direction nationale des mines .
La mission de la Direction Nationale des Mines est de faire le contrôle et suivi de tous les projets miniers en cours d’exécution suivant les règles du Code Minier ainsi que ses textes d’application. Elle a en charge l’octroi de tous les permis pour l’ouverture des carrières de granite, sable, latérite mais aussi réglementer l’exploitation artisanale de l’or car pourvue d’une division d’exploitation artisanale de l’or et des matières précieuses. Une division dont est issu d’ailleurs l’actuel directeur national adjoint des mines.
Face à la situation d’ailleurs , une journée nationale de l’orpaillage avait été organisée par l’ancien ministre des Mines , Abdoulaye Magassouba de commun accord avec l’ex directeur national des mines, en l’occurrence Fodé BERETE en 2017 pour tenter de maîtriser l’ampleur des dégâts de l’exploitation artisanale de l’or sur l’environnement et surtout le nombre de morts dans cette partie de la Guinée, à savoir Kouroussa, Dinguiraye, Mandiana et Siguiri. Des équipes d’encadrement avait installées dans certaines de ces préfectures pour maîtriser le phénomène.
Mais par faute de moyens , les équipes d’encadrement ont été obligée de fuire la galère pour revenir à Conakry pour subvenir à leurs besoins vitaux. Aucun moyen pour la cause . Pas de prime, ni engin et pourtant la banque mondiale avait acheté des engins pour la cause . Ou sont ces motos de la banque mondiale ?
Le projet n’a pas survivre pour des raisons que seulement le directeur national et son adjoint peuvent expliquer. Est-ce par incompétence ou négligence ?
Encore plus curieux, ce sont des pays voisins de la Guinée qui viennent s’inspirer des recommandations de la journée nationale pour les mettre en application chez eux . Et celà ne dit rien à l’équipe actuelle.
L’union nationale des orpailleurs de Guinée qui avait tenté de pérenniser les acquis de l’ancien directeur national sous le régime d’Alpha CONDÉ s’est heurté aux nouvelles autorités car pour elles , ce rôle revient pas l’UNOG mais plutôt à l’Etat . “ Je ne le fais pas mais toi non plus , tu le feras” murmurait- on dans les couloirs du départ des mines sous l’ère Moussa Maagassouba , limogé par le général Mamadi Doumbouyah apparemment pour son manque de résultats.
Certains disent ne pas comprendre cette inertie de l’actuel directeur national adjoint qui pourtant censé être un pure produit de l’université et aussi un monsieur qui a gravi presque tout les echelons pour se hisser au sommet de la pyramide. Quel est son problème ? Pourquoi n’arrive-t -il pas à trouver la bonne formule pour sortir le secteur de l’exploitation artisanale de l’ornière ?
Un secteur pourtant pourvoyeur de devise à l’État . Plus de trois milliards de dollars par an selon des sources bien perchées au sommet de l’administration minière.
Un comportement qui pousse l’opinion à se poser la question de savoir si le secteur n’est pas une priorité pour les responsables de la direction nationale des mines et que la priorité est ailleurs, c’est à dire la bauxite, le projet Ciment- Doux.
En dehors de l’exploitation artisanale quel est d’ailleurs le bilan de l’actuelle équipe qui dirige la direction nationale depuis l’avènement du général Mamadi Doumbouyah au mois de septembre 2021 .
Mamoudou DIALLO
