À l’instar de la plupart des pays africains, en Guinée, un pays situé à l’ouest du continent , la vie sociale est très fortement dominée par les hommes et les femmes ont généralement une marge de manœuvre réduite dans la prise de décision ,dans leurs différentes familles mais aussi dans la société. En marge de la célébration de Journée mondiale du droit de la femme ce 8 mars 2025 , nous sommes allés à la rencontre de madame Sayon BERETE, une géologue qui se bat dans le cadre de la promotion des droits de la couche féminine en Guinée et sur l’ensemble du continent à travers ses réseaux de femmes leaders . C’est juste une femme dont le parcours peut inspirer d’autres femmes !
Née à Conakry , Mme Sayon BERETE est ingénieure géologue et issue de la 32ème promotion de l’Institut supérieur des mines et de la géologie de Boké. Elle a débuté sa carrière dès la fin de ses études universitaires. Elle a acquis son expérience professionnelle auprès de plusieurs compagnies minières, notamment la SAG( société aurifère de Guinée) . A la suite de cette expérience, Sayon BERETE a jugé nécessaire de revenir à Conakry pour enseigner la géologie et celà dans le but de transmettre son savoir à la nouvelle génération de son pays, notamment la couche féminine.
“ J’ai souhaité, à un moment donné, changer de voie .J’ai laissé l’éducation et j’ai été affectée au ministère des Mines au mois de mars 2007. Mon transfert est intervenu en milieu d’année, mais je n’ai pas pour autant abandonné mes élèves qui préparaient le baccalauréat car je n’ai rejoint mes nouvelles fonctions qu’à la fin de l’année scolaire ».
Une fois au ministère des Mines et de la Géologie, Mme Sayon est passée par plusieurs services . Elle a commence d’abord par le Bureau stratégique et de développement (BSD) avant de rejoindre enfin son domaine de prédilection, c’est à dire la direction Nationale de la Géologie où elle se fait une place de choix pendant deux ans . Depuis 2016, elle travaille en tant que géologue au service national des projets miniers avant de rejoindre d’autres services, notamment la direction générale du laboratoire nationale des mines et de la Géologie en qualité de directrice générale adjointe. Elle a été directrice générale adjointe du laboratoire nationale des mines et la Géologie et continue à servir son pays à travers au service de coordination des projets miniers du Ministère des Mines.
Son parcours avec l’ONG Women In Mining (WIM)
L’ONG « Women In Mining » (WIM) ou Les femmes dans le secteur minier été créée en 2014 par d’anciennes travailleuses de la société Rio Tinto et d’autres évoluant dans le secteur minier public, à savoir l’administration minière. Cette idée qui avait germé visait à réunir les femmes travaillant dans le secteur, qu’elles soient de l’administration centrale ou employées de sociétés minières, ou dans l’orpaillage car les conditions de vie des femmes du secteur laissent à désirer », a-t-elle confié.
Le réseau « Women In Mining of West Africa (WIMOWA) » dont la Guinée est membre fondateur a été mis sur pied. Bien que l’initiative concerne les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest- Africaine (UEMOA), les organisations fondatrices ont considéré nécessaire de se rapprocher de leurs collègues de la Guinée, compte tenu de ses Importantes réserves en ressources minières.
Dépositaire de la confiance de ses consœurs, Mme Bérété a été élue au bureau exécutif Comme Commissaire chargée de la sécurité et de la formation, lors d’une assemblée générale tenue à Dakar. Le combat des femmes dans le domaine minier N’est guère facile, mais les initiatives fleurissent. C’est ainsi qu’en novembre 2019, l’Union Africaine a contacté des femmes africaines Actives dans le secteur minier pour créer L’AWIMA (African Women in Mining Association), avec au centre WIM Guinée.
Des défis liés aux pesanteurs Sociales
Même si les hommes et les femmes suivent les mêmes études, reçoivent les mêmes formations, leur niveau de représentativité dans les sphères décisionnelles reste faible. Pour Mme Bérété, cette situation s’explique, notamment par des considérations socio-culturelles, si ancrées en Guinée qu’elle sont devenues presqu’une coutume dans ce pays de l’Afrique de l’ouest . Selon elle parfois, au cours de ses missions de terrain en compagnie de ses collègues ingénieurs hommes, Ils ne se gênent pas de lui dire “Bérété, il faut nous servir de l’eau à boire…” . Mais étant donné que ça passe dans leur tête, la culture est là, Présente : ils pensent que ce rôle-là, c’est la femme qui doit toujours le remplir ».
Les femmes dans le secteur extractif très peu visible
Pour sayon BERETE en service au ministère des Mines, les Femmes qui travaillent dans le secteur extractif mais sont trop peu visibles et leurs conditions de vie ignorées. C’est pourquoi afin d’inverser cette Tendance, en 2017, WIM soutenue par OSIWA (Initiative pour une société ouverte en Afrique De l’OuesT) et des consultants en matière de Développement (Gateway), a réalisé une étude Prospective sur les conditions des femmes Dans le secteur minier.
L’indice WIM vise à renseigner de façon exacte Sur la situation des femmes qui tirent leurs Revenus de façon directe ou indirecte des activités Extractives. Comme Sayon Bérété explique Nous avons affirmé qu’il était nécessaire De prendre en compte la situation des Femmes dans ce secteur. Nous nous Sommes réunies pour faire une étude Qui n’avait encore jamais été menée en Afrique, et plus précisément en Guinée.
“Je constate avec regret aujourd’hui que pas plus de 10 % de femmes occupent Des postes de responsabilité dans ce Domaine, aussi bien .Se rappelant de ses débuts au ministère des Mines, en 2008, Mme Sayon Bérété raconte que Les gens la prenaient pour une secrétaire. Pour beaucoup, voir une femme au Ministère des Mines, c’était donc Obligatoirement une secrétaire ou Une comptable ».
Dans l’esprit de bien des personnes, ce ministère N’est fait que pour les hommes Ce qui est faux. Les femmes sont aussi Capables que les hommes Affirme-t-elle et avant d’indiquer qu’elle force souvent la situation lorsqu’ elle se heurte à des velléités. “Personnellement, je force la situation. Si c’est nécessaire, je m’impose. Malheureusement je connais d’autres Femmes qui hésitent à exprimer leurs idées, Et elles restent souvent au second plan” a indiqué Sayon BERETE.
Une femme qui ne se laisse pas faire !
La géologue assure que son engagement est fait de deux choses : l’amour pour son travail et la persévérance. Sa particularité est qu’elle ne se laisse pas faire facilement pas ses collègues hommes.
“ Il faut parfois forcer la situation et Persévérer. Mais aussi, il faut aimer ce Que l’on fait. Moi, j’adore mon métier. C’est ce qui m’encourage à aller toujours plus loin” a-t-elle laissé entendre avec un sourire aux lèvres.
Le message pour la nouvelle génération qui souhaite travailler dans le secteur minier
Pour faire face aux difficultés auxquelles la junte féminine est confrontée dans le secteur minier, Sayon BERETE invite cette couche à se remettre en cause , à la persévérance, à se former à travers des formations continues car pour réclamer un droit, il faut le connaître. Il faut surtout avoir une capacité d’écoute surtout la sagesse.
Mamoudou DIALLO

