Très attendu devant la cour d’appel pour sa version des faits sur les faits qui lui sont reprochés par le parquet, le président du mouvement démocratique a pris la parole pour lever un coin du voile sur le processus de transition encours depuis le 5 septembre 2021.
Aliou BAH a indiqué avoir l’une des rares personnes à être sollicité par les militaires qui ont renversé le régime d’Alpha CONDE . Mais très vite , il décline l’offre car étant convaincu de son projet politique pour la Guinée.
“ J’ai eu à rappeler, dès les premières heures, et devant les autorités de la transition, y compris le président de la transition, le 14 septembre 2021, neuf jours après la prise du pouvoir, voici les leçons de l’histoire. Ne les cherchez pas ailleurs, elles sont autour de nous. Tirez les enseignements de ceux qui arrivaient à vos prédécesseurs” , a-t-il martelé devant la cour .
Selon au lendemain de la prise du pouvoir, il avait rappeler à l’actuel chef de la junte militaire de respecter ses engagements vis-à-vis du peuple de Guinée.
“ Le coup d’État a été justifié par le non-respect des engagements et le non-respect de la loi. Vous avez fait des promesses. Ce discours nous souscrivons, mais cela ne fait pas de nous des naïfs. Nous regardons de très près. Nous allons vous juger aux actes. Faites attention à ceci, faites attention à cela. Je vais vous épargner les conseils pour ne pas être long. Dieu merci, les archives de l’histoire s’exprimeront. Ainsi, en ce moment, j’étais sollicité. J’ai été l’une des rares personnes à avoir été sollicité pour intégrer la sphère de la transition, la gestion de la transition, bien avant la nomination même d’un Premier ministre. J’ai décliné. J’estimais que je suis un homme politique.
Il a par ailleurs soutenu avoir déclaré dans un langage très claire devant les autorités militaires qui renversé, le régime de l’ex opposant historique que son engagement en politique n’avait pas pour vocation de négocier un quelconque poste de responsabilité.
“ Mon engagement et ma responsabilité, ce n’est pas de négocier des postes ou faire des petits raccourcis. J’ai dit acquis de droit, ceux qui m’ont sollicité. Vous vous êtes engagé pour organiser des élections.Organisez-les, je vais compétir. Je voudrais être élu par le peuple de Guinée pour exercer mes fonctions conformément aux dispositions légales. Je m’en tiens à ça, je le maintiens” .
Devant cour , le jeune leader du mouvement a réaffirmé de conquérir le pouvoir suprême en Guinée pour le bonheur du peuple.
“ A l’instant T, je le réaffirme. C’est cela ma vision, c’est cela mon objectif. Mais je le redis, je ne manquerai jamais d’apporter ma contribution pour le bon fonctionnement du pays en général et pour la bonne marche de la transition. Cette contribution se fera par mes idées, qu’elles soient écrites ou oralement exprimées. Elle se fera par mes critiques. Elle se fera par mes observations. Ce qui a enchanté dans un premier temps les autorités de la transition, au fur et à mesure qu’elles ont changé, moi je suis resté constant. Et le fait de rester sur ma ligne est considéré comme étant une position dérangeante. C’est cette position dérangeante qui me vaut aujourd’hui ma présence devant vous, Madame la Présidente.
Il termine sa déclaration devant la cour par réitèrer son innocence face à la poursuite engagé par le chef de l’État à son encontre.
“ Je ne me réproche de rien et de rien absolument. Il n’y a aucune preuve qui dit que j’ai diffamé qui que ce soit. Et d’ailleurs, j’ai mal pour mon pays parce que j’estime qu’après plus de 60 ans, on aurait dû nous épargner ce qui est en train de se passer. Je m’interroge. Quel type de société voulons-nous construire ? Une société où il y a une justice qui peut mettre en prison Ali Ouba, qui n’a jamais fait du mal à qui que ce soit. Je suis auteur de deux ouvrages qui ont fait l’objet de distinctions au niveau international. J’ai travaillé toute ma vie, depuis que j’ai fini mes études. Et je suis honoré et respecté un peu partout en Guinée et dans le monde. Si c’est une société qui met en prison quelqu’un comme ça, et une société qui plébiscite des personnes qui insultent à longueur de journée, des personnes qui sont opportunistes, des personnes qui ont contribué ou contribuent à réduire ce pays à sa plus petite expression, des personnes qui dévalorisent aujourd’hui même nos valeurs sociales, voir ces personnes célébrer à la présidence de la République, voir ces personnes célébrer pour recevoir des cadeaux qui sont les fruits de notre contribuable.
Plus loin le patron du mouvement démocratique libéral s’interroge en ces termes :
“ Quel exemple voulons-nous donner ? Quel message aux enfants du quartier ? C’est de leur dire le raccourci, c’est le moins par lequel vous réussirez. Le mérite, n’en cherchez pas. Ne faites pas des études, ce n’est pas important. Ne travaillez pas, ce n’est pas important. Donc, moi, je sais qui me coeur, et je vous garantis, Madame la Présidente, nous sommes, au mois de Ramadan, musulmans et de carême pour les chrétiens. Entre Dieu et moi, je ne regrette pas ce que j’ai fait jusque-là pour mon pays, et je pense que vous aussi, vous me rétablirez dans mes droits, en me rendant à ma liberté” a-t-il martelé face à la juge Hadja Fatou BANGOURA , présidente de la cour.
Mamoudou DIALLO
