Décidément, l’aventurier russe Alexander Zotov ne recule devant rien. Après avoir fait danser les chiffres comme un illusionniste en mal de spectacle – de 2,7 à 35, puis 350, ensuite 50, pour finir à 150 millions de dollars –, le voilà qui, flanqué de quelques porte-voix complaisants, revient à la charge en brandissant cette fois un “droit de réponse” digne d’un mauvais scénario de série judiciaire.
Mais remettons les choses à leur place. D’abord, un petit rappel de droit pour les amateurs d’effets de manche : ce n’est pas au procureur de dire qui est coupable ou innocent. Son rôle est de poursuivre, pas de juger. Ce pouvoir appartient exclusivement au juge. Et justement, le juge a tranché. Sur la base des éléments présentés (ou plutôt, des éléments non présentés) par M. Zotov, la justice guinéenne a conclu à l’absence totale de preuves crédibles.
Car voilà le cœur du problème que ce “droit de réponse” semble oublier (ou feint d’ignorer) : aucune preuve concrète n’a jamais été fournie. Aucun reçu, aucune trace bancaire, aucun contrat signé, aucun élément matériel n’a été déposé pour étayer les accusations portées contre M. Kanté. Rien. Nada. Zéro. Un tel silence documentaire n’est pas une lacune, c’est une faillite.
Et comme pour compenser cette indigence, M. Zotov a cru bon de faire preuve d’une créativité numérique digne d’un concours de prestidigitation. Rappelons-le, pour ceux qui auraient perdu le fil :
• 2,7 millions de dollars dans son premier rapport déposé à l’inspection générale du ministère des Mines et de la Géologie ;
• Puis 35 millions, sur la base d’un cabinet mandaté par lui-même (sans aucun document à l’appui) ;
• Ensuite, 350 millions annoncés en plein cours d’instruction, comme si une erreur d’un facteur 10 était une plaisanterie de bon goût ;
• Devant le tribunal, on redescend à 50 millions ;
• Enfin, lors d’une conférence de presse, surgissent 150 millions, sans plus de fondement. Quel miracle !
La défense de M. Zotov repose donc moins sur des faits que sur des chiffres gonflés à l’hélium et des déclarations spectaculaires mais juridiquement vides. Or, dans un État de droit, ce n’est pas en tapant du poing sur la table qu’on construit une preuve, c’est en présentant des éléments tangibles. La justice guinéenne ne s’est laissée ni manipuler, ni impressionner, et c’est tout à son honneur.
Faut-il aussi rappeler que lorsque les avocats de M. Kanté ont demandé un transport judiciaire sur les différents sites d’AGB2A pour constater physiquement où ces fameux “investissements” auraient été réalisés, ce sont les avocats de Zotov qui s’y sont farouchement opposés ? Étrange posture pour quelqu’un qui clame haut et fort avoir injecté des dizaines de millions de dollars dans un projet concret (entièrement conçu et réalisé par d’autres !)… Alors notre aventurier russe veut-il tenter un rôle de mouche du coche ou prend-il les Guinéens et les juges guinéens au sérieux ?
Ajoutons, pour être complet, que la société ABC n’avait, ni avant ni après sa création officielle le 5 novembre 2018, aucun lien juridique avec M. Kanté. Aucune remise de projet n’a jamais été documentée. A noterqu’ABC ne disposait d’aucune autorisation, ni permis, ni licence d’exploitation en Guinée. Elle n’a donc aucune existence réelle sur le territoire guinéen et ne mène aucune activité susceptible de justifier une plainte pour concurrence déloyale.
Pire, lors des débats devant le Tribunal de Première Instance de Kaloum, la défense de M. Kanté a présenté, pièces à l’appui, les véritables raisons de l’échec retentissant du “château de sable” ABC. Il s’agit notamment d’une correspondance signée par l’avocat même d’Alexander Zotov, gérant de la société ERM, dénonçant les pratiques déloyales et l’imposture du système mis en place par son propre client. À cela s’ajoutent plusieurs décisions de l’administration minière suspendant les amodiations… qui, rappelons-le, n’étaient même pas attribuées à ABC, mais à la société ERM.
En réalité, M. Kanté n’était associé de GIC au moment des faits, et n’en était pas le gérant. Les diverses procédures intentées à son encontre n’ont abouti à aucune condamnation ni poursuite sérieuse. La montagne médiatique accouchée par Zotov et ses soutiens n’a produit qu’une souris judiciaire : pas de preuve, pas de fait établi, pas de lien juridique.
Aujourd’hui, au lieu d’accepter cette vérité toute simple – un dossier vide ne devient pas plein en répétant des chiffres fantaisistes –, certains s’acharnent à faire croire à un complot imaginaire contre un homme dont l’inconstance factuelle est devenue légendaire. Cela s’appelle, en termes simples, de la mauvaise foi.
La Guinée n’a pas à s’excuser d’avoir une justice qui juge sur des faits, pas sur des incantations. Et encore moins d’avoir mis fin à une mascarade où le seul véritable investissement observable est celui fait dans la communication et la confusion.
La Cellule de communication AGB2A-GIC
