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Accueil » Le jour où les États-Unis ont acheté l’Alaska aux Russes pour une bouchée de pain
Diplomatie

Le jour où les États-Unis ont acheté l’Alaska aux Russes pour une bouchée de pain

karakannews.comBy karakannews.comaoût 15, 2025Updated:août 15, 2025Aucun commentaire4 Mins Read
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Cette colonie de l’empire russe fut cédée aux Américains en 1867, pour 7,2 millions de dollars. Une vente qui, un siècle et demi plus tard, apparaît comme une braderie.

Lorsque l’avion de Vladimir Poutine se posera en Alaska, il y aura comme un sentiment de déjà vu.

Sur le territoire désormais américain, les églises orthodoxes aux bulbes caractéristiques rappellent l’ancienne empreinte du tsar. Dans la ville de Sitka, l’ancienne Novo- Arkhangelsk, la cathédrale Saint-Michel dresse encore sa coupole verte face aux glaciers.

Fourrures, prêtres et monopole impérial

La Russie n’a pas conquis l’Alaska par les armes, mais par la fourrure. Au milieu du XVIIIe siècle, des marchands et aventuriers poussent à l’est, au-delà de la Sibérie, alléchés par l’or brun que sont les peaux de loutres de mer. Les premiers navires russes reviennent remplis de centaines de loutres de mer, de renards et d’otaries à fourrure. Les chasseurs sibériens sont impressionnés. Dans les années 1790, Catherine II autorise la création de la Compagnie russo-américaine, à laquelle elle octroie le monopole du commerce et de l’administration du territoire.

Aujourd’hui, l’Alaska et son pétrole valent des milliards. En revanche, à l’époque, ce grand espace où il fait froid n’emballe pas les Russes. Conserver ce territoire vaste est d’abord une charge. « Les Russes d’Alaska, dont le nombre ne dépassait pas 800 à leur apogée, étaient confrontés à la réalité d’être à l’autre bout du monde de Saint Pétersbourg, alors capitale de l’empire, ce qui faisait des communications un problème majeur », raconte William L. Iggiagruk Hensley, écrivain américain et spécialiste des autochtones d’Alaska, pour The Conversation.

Il ajoute : « Les Russes commencèrent à sérieusement se demander s’ils pouvaient maintenir leur colonie en Alaska. Tout d’abord, la colonie n’était plus rentable après la décimation de la population de loutres de mer. Ensuite, l’Alaska était difficile à défendre et la Russie manquait de liquidités en raison des coûts de la guerre de Crimée. » Mieux vaut vendre que perdre, se disent les Russes.

L’Alaska vendue pour 7,2 millions de dollars

En juillet 1867, Edouard de Stoeckl, envoyé russe à Washington et négociateur en chef de la cession, confie à un ami : « Mon traité a rencontré une forte opposition… Mais cela vient du fait que personne chez nous n’a idée de l’état réel de nos colonies. Il s’agissait simplement de les vendre, ou de les voir prises. » Finalement, le territoire est cédé pour 7,2 millions de dollars, le 30 mars 1867. Avec l’inflation, cela représenterait environ 140 millions de dollars actuels.

À l’époque, l’accord semble être un « win win ». La Russie peut récupérer du cash, se ménager un allié naissant de l’autre côté de l’Atlantique et éviter un bras de fer avec Londres. Et les États Unis ? « En Alaska, les Américains entrevoyaient  un potentiel d’or, de fourrures et de pêche, ainsi qu’un développement des échanges commerciaux avec la Chine et le Japon. Ils craignaient que l’Angleterre ne tente d’établir une présence sur le territoire, et l’acquisition de l’Alaska, pensait on, aiderait les États Unis à devenir une puissance du Pacifique. De plus, le gouvernement était globalement en phase expansionniste », explique William L. Iggiagruk Hensley. « Déserts de neige » ou affaire du siècle ?

Sur le moment, personne ne sabre vraiment le champagne. À Saint Pétersbourg, certains crient à l’humiliation : la colonie, certes périphérique et coûteuse, aurait été bradée. Le journal libéral Golos dénonce une vente « profondément irritante pour tous les vrais Russes » et s’indigne : « Le sentiment de fierté de la nation est il donc si peu digne d’attention qu’on puisse le sacrifier pour 6 ou 7 millions de dollars .

Avec le point

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