La mise en œuvre du programme de formation continue des enseignants, censée rehausser le niveau du système éducatif, suscite une vive polémique. Plusieurs enseignants dénoncent un « scandale » et parlent même de « substitution », estimant que cette initiative s’écarte de ses objectifs initiaux.
Les autorités du secteur éducatif affirment que la formation continue vise à doter les enseignants d’outils pédagogiques modernes, à renforcer leurs compétences et à améliorer les résultats scolaires. Des sessions de recyclage, des ateliers méthodologiques et des encadrements sont organisés pour atteindre ces objectifs.
Des enseignants en colère
Mais sur le terrain, le discours est loin d’être unanime. De nombreux enseignants estiment être exclus du processus.
« On parle de nous former, mais ce sont d’autres acteurs qui viennent se substituer à nous dans la pratique », dénonce un instituteur. Certains accusent également le programme de privilégier des formateurs n’ayant pas une connaissance réelle des réalités de la classe.
Au-delà de la méthode, la gestion du programme est pointée du doigt. Manque de transparence dans le choix des formateurs, absence de consultation préalable des enseignants, contenu jugé inadapté : autant de griefs qui nourrissent la méfiance.
Face à cette contestation, des professionnelles de l’éducation appellent à un dialogue ouvert. Ils demandent que les enseignants soient associés à toutes les étapes de la conception et de la mise en œuvre de la formation.
« On ne peut pas améliorer la qualité de l’éducation sans l’adhésion des principaux acteurs », souligne un interlocuteur.
Ce qui devait être un levier de renforcement des capacités se retrouve aujourd’hui au centre d’une vive controverse. Pour apaiser les tensions, il apparaît urgent que les autorités engagent des discussions inclusives afin de redonner confiance aux enseignants et d’assurer la réussite de la réforme.
Pour l’instant ,aucune communication officielle du Directeur général par Intérim du Service National de Formation Continue du Personnel Enseignant. Mais selon des sources, Abdoul Gadiri Bah directeur général de cette structure ne tardera pas à prendre la parole pour éclairer l’opinion sur le sujet.
Sa nomination avait été considérée comme un pas de plus dans la réforme de l’enseignement en République de Guinée, une réforme engagée par le Chef d’État, le Général d’Armée Mamadi Doumbouya, et le Comité National du Rassemblement et le Développement (CNRD).
La rédaction
