Située dans la préfecture de Dubréka, la localité de Kaléta reste aujourd’hui le symbole d’un paradoxe criant. Alors même qu’elle abrite l’un des plus grands barrages hydroélectriques de Guinée, vital pour l’alimentation du pays en électricité, Kaléta demeure une zone délaissée, où les populations peinent à accéder aux services sociaux de base.
« Je vous explique certaines de nos difficultés ici. On ne peut pas normalement tout citer, mais là où on est, je peux non seulement vous citer quelques problèmes. Comment on appelle le projet ? Que l’État soit petit, c’est un grand projet pour la Guinée, pour toutes les nations, mais surtout pour laBaya. Composé de 35 districts, précisément nous sommes à Kalita et les deux grands barrages concernent tous les deux grands barrages de Kalita. Kalita centre, district Kalita et barrage soit petit c’est 8 kilos. Et Kalita centre, comment on appelle barrage Kalita, c’est 3 kilos. Mais district Kalita composé de 9 secteurs. Dans les 9 secteurs là, 2 secteurs comptent des courants seulement»
Inauguré en 2015, le barrage hydroélectrique de Kaléta a été présenté comme un tournant majeur dans la production électrique nationale. Très vite espoir des riverains se transforme en cauchemar. Le développement esperé peine à se concrétiser.
« On n’a rien bénéficié pour le moment, mais avec toutes nos difficultés nous sommes près de l’autorité guinéenne, c’est parce que nous sommes citoyens simples guinéens. Des cris on a fait, des cris on est fatigués. Ce qui est réel maintenant, nous sommes patients, parce qu’on a fait beaucoup de démarches. Ça fait 8 ans que nous sommes dans le district. Moi et mon président, on a sillonné plus de 17 à 18 parcours à Conakry. Mais notre difficulté ici, c’est la part des grands projets qu’on appelle une ONG, SOGECA et SOGES. Ils nous disent que c’est SOGECA qui va résoudre nos problèmes , mais SOGECA n’a rien fait pour nous. on a écrit fatigué surtout sous geste on n’a pas de bénéfices notre grand problème c’est ça que je commence à expliquer mais je ne peux pas tout expliquer là où je suis comme ça je suis tellement fier rencontrer les radios pareilles là qui peut non seulement de dévoiler nos difficultés .
Aujourd’hui l’école la plus est à 8 km de quoi inquiéter les parents d’élèves à cause de la sécurité de leurs enfants. Pas non plus de poste de santé.
« Tu laisses ton enfant aller à l’école, quelqu’un vient et ramasse. Jusqu’à présent, on n’a pas vu les deux enfants. L’autre, il est là-bas. S’il y a une école, ça se présente pour nous comme… Je ne sais pas comment on peut qualifier ça. On a besoin de l’école moderne. On a besoin de l’hôpital, surtout l’hôpital. Même si pour faire l’accouchement des femmes, il faut qu’on transporte jusqu’à Tondon, sous-préfecture Tondon. De là à Tondon, ça fait combien ? C’est 15 kilomètres de qualité à Tondon. Et il n’y a pas d’hôpital. Même le centre de santé qui est là, il n’y a plus de médicaments. C’est un manque de produits, tous les deux. Donc aujourd’hui, votre message est que les autorités vous viennent en aide, bien que vous soyez très proche du barrage de soie pitié, qualité, le complexe, mais vous ne profitez de rien » , a expliqué le responsable du district avec un air très angoissé.
En plus du manque d’infrastructures de développement, la population est confrontée à un déficit de domaine agricole car ayant perdu assez de terre avec l’implantation du gigantesque projet de barrages hydroélectrique selon les explications dabdoul Aziz Camara, un des responsables du district de kaleta
« Le projet s’est aussi pitié après 25 hectares. Donc le reste là, nous on est trop nombreux, plus que nos hectares. Ça c’est notre première difficulté. Deuxième, le reste du terrain devient comme zone de pylône. Autant qu’ils partent partout. On ne peut pas travailler. Ces gens-là, ils n’ont pas étudié, ils n’ont pas de métier. Ils peuvent étudier maintenant. Mais notre difficulté, nos enfants sont perdus, surtout nous. Il n’y a pas d’école. Des qualités, jusqu’où se trouve l’école, c’est à 8 kilos. L’année passée, ils ont volé deux de nos enfants» .
Kaléta incarne ainsi un paradoxe frappant : être au cœur de la richesse énergétique nationale tout en restant marginalisée. L’avenir de cette localité dépendra de la volonté politique à corriger ce déséquilibre et à donner enfin aux habitants les moyens de vivre dignement.
« Rien, rien, absolument rien. Notre appel aujourd’hui au gouvernement guinéen, nous sommes des citoyens guinéens. Nous avons 100% besoin de leur aide, surtout ce que je vous explique. L’hôpital, les médecins et les produits. Deux, l’école et les enseignants. Trois, on n’a pas de forage. Quatrième, où nos femmes peuvent cultiver »
Pour beaucoup, il est urgent que les autorités et les partenaires de développement repensent leur approche. L’électricité produite par Kaléta éclaire Conakry et d’autres grandes villes, mais les riverains, eux, réclament un minimum vital : infrastructures scolaires, centres de santé fonctionnels, réseaux d’eau et d’électricité.
Mamoudou DIALLO
