Depuis plusieurs mois, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, dirigé par le général Bachir DIALLO, s’est engagé dans une vaste réforme pour moderniser et assainir le processus de délivrance des passeports en Guinée. Objectif affiché : rendre la procédure plus rapide, plus transparente et accessible à tous les citoyens.
Mais sur le terrain, la réalité semble encore loin des ambitions annoncées.
Une volonté politique affirmée
Dès son arrivée à la tête du département, le ministre Bachir DIALLO a fait de la modernisation des services de la police, notamment ceux chargés de la délivrance des documents administratifs, une priorité.
Il a multiplié les visites dans les directions concernées, donné des instructions fermes pour lutter contre les lenteurs et les pratiques illégales, et annoncé la digitalisation du système d’enrôlement.
« Le citoyen ne doit plus passer des semaines ou des mois pour obtenir son passeport. C’est un droit, pas un privilège », avait-il déclaré lors d’une récente réunion de travail.
Des promesses confrontées à la lenteur administrative
Malgré cette volonté affirmée, les témoignages recueillis au niveau des commissariats centraux et du service des passeports montrent que les délais d’attente restent très longs.
Certains citoyens affirment patienter plusieurs semaines, voire des mois, avant de recevoir le précieux document, alors que le délai officiel ne dépasse pas dix jours.
À cela s’ajoutent des problèmes récurrents : manque de matériel, pannes du système biométrique, coupures d’électricité et parfois même rupture de livrets de passeports.
Autant de difficultés qui ralentissent considérablement le processus.
Des citoyens entre frustration et résignation
Dans les files d’attente interminables devant la Direction centrale de la police de l’air et des frontières, la patience des demandeurs s’épuise.
« Nous saluons les efforts du ministre, mais sur le terrain, rien ne change vraiment. Il faut encore connaître quelqu’un à l’intérieur pour avancer rapidement », confie un citoyen venu renouveler son passeport.
Cette situation entretient un sentiment d’injustice et alimente la méfiance vis-à-vis de l’administration, malgré les efforts de réforme engagés par le département.
Entre ambition et mise en œuvre
Pour de nombreux observateurs, la volonté du ministre Bachir DIALLO est réelle, mais elle se heurte à la complexité du système administratif et au manque de moyens techniques.
La réussite de cette réforme dépendra de la capacité du ministère à renforcer la logistique, à former le personnel et à assurer un contrôle rigoureux du processus tout en renforçant un processus de lutte contre les tracasseries financières sont victimes les citoyens de la part de certains agents sur le terrain.
En claire, l’ obtention du passeport en Guinée reste un véritable parcours du combattant pour de nombreux citoyens, malgré la détermination du ministre Bachir DIALLO à améliorer la situation. Entre la volonté politique et la réalité du terrain, le fossé demeure, mais les réformes en cours pourraient, à terme, redonner confiance aux usagers si elles sont accompagnées d’une application rigoureuse et d’un suivi permanent.
La rédaction
