Depuis l’annonce officielle de la candidature du général Mamadi Doumbouyah à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, le climat politique guinéen semble connaître un relatif apaisement. Après plusieurs mois de crispation et de méfiance entre le pouvoir et les forces politiques, une baisse perceptible de la tension est observée dans la capitale et à l’intérieur du pays.
Un tournant dans l’atmosphère politique
L’entrée en lice du chef de l’État, longtemps entourée de spéculations, met fin à une période d’incertitude. Les débats se déplacent désormais du terrain de la transition vers celui de la compétition électorale.
Des acteurs politiques, des leaders d’opinion et plusieurs organisations de la société civile saluent ce moment comme une opportunité de décrispation.
« La candidature du général clarifie le jeu politique. Nous savons désormais à quoi nous en tenir », confie un responsable d’un parti d’opposition.
Un appel à des gestes forts : libérer les détenus politiques
Malgré cette accalmie, de nombreuses voix continuent de réclamer des actes d’apaisement concrets, en particulier la libération des détenus politiques et la réhabilitation des exilés contraints de fuir le pays depuis 2021.
Pour plusieurs observateurs, ces mesures symboliques seraient un signal fort d’ouverture et de confiance envers le peuple.
« Si le général veut apaiser le climat et crédibiliser sa candidature, il doit poser des gestes de réconciliation nationale », estime un analyste politique.
La question des exilés : un enjeu de réconciliation nationale
De nombreux opposants, journalistes ou militants se trouvent encore à l’étranger, craignant des poursuites ou des représailles. Leur retour au pays constituerait une étape décisive vers la normalisation politique.
Les appels se multiplient pour que la transition se termine dans un esprit d’unité.
« La Guinée a besoin de tourner la page. Aucun développement durable n’est possible sans réconciliation », rappelle un acteur religieux.
Entre prudence et espoir
Si certains restent sceptiques quant à la sincérité de l’ouverture politique, d’autres voient dans ce moment une fenêtre historique.
Les tensions sociales s’atténuent, la peur s’estompe, et les Guinéens aspirent à une campagne électorale apaisée, inclusive et équitable.
Mais pour que cette accalmie se consolide, les actes doivent suivre les discours : la libération des détenus, le retour des exilés et un dialogue franc entre les forces vives et le gouvernement seraient les premiers pas d’une réconciliation véritable.
Conclusion
La Guinée aborde une étape cruciale de son histoire politique récente.
Après les années de rupture et d’incertitude, le pays a besoin de gestes d’apaisement, de justice et de pardon.
La candidature du général Doumbouyah, désormais actée, pourrait ouvrir la voie à cette réconciliation — à condition que le pouvoir privilégie la main tendue plutôt que la main forte.
Mamoudou karakan DIALLO
