L’intersyndicale de l’éducation en Guinée — qui réunit notamment les syndicats Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE), Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) et Syndicat National de l’Éducation (SNE) — a officiellement déposé ce mercredi un préavis de grève sur l’ensemble du territoire national.
Dans un communiqué publié à cette occasion, l’intersyndicale invoque plusieurs motifs :
Le dépôt préalable d’une plateforme revendicative en date du 1er septembre 2025, qui n’aurait pas été suivi d’un dialogue effectif avec le gouvernement.
Le refus « catégorique » du gouvernement d’engager des négociations avec elle, malgré de multiples appels de ses secrétaires généraux.
Le non-respect des promesses faites aux enseignants contractuels communaux non retenus, ainsi qu’à ceux de la Zone Spéciale de Conakry, pour leur engagement professionnel.
Le rappel du cadre légal : la Guinée ayant ratifié les conventions fondamentales n° 87 et 98 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), relatives à la liberté syndicale et au droit de négociation collective, l’intersyndicale considère sa démarche comme légitime.
Le texte précise une injonction : si le gouvernement ne répond pas de manière satisfaisante dans un délai de 10 jours après la réception de l’avis, l’intersyndicale se réserve le droit de déclencher une grève générale et illimitée à travers tout le pays.
Le dépôt du préavis intervient quelques jours après une rencontre entre les représentants syndicaux et le Bah Oury, Premier ministre. Selon les sources, cette réunion n’a pas permis de désamorcer les tensions et d’aboutir à un engagement concret du gouvernement.
Selon l’article de Guineenews, le gouvernement a toutefois annoncé qu’il allait orienter les discussions vers le Conseil National du Dialogue Social (CNDS) pour tenter de ramener le calme. 
Enjeux et conséquences possibles
Si la grève illimitée est effectivement déclenchée, elle pourrait fortement perturber le fonctionnement de l’enseignement pré-universitaire, voire au-delà.
Le mouvement montre à nouveau la fragilité des relations entre les autorités de l’éducation et les enseignants contractuels/communaux, avec un fort sentiment de non-prise en compte de leurs conditions.
L’utilisation des conventions de l’OIT comme argument montre que l’intersyndicale cherche à se prémunir contre une réponse uniquement politique, en s’inscrivant dans un cadre légal international.
Le fait que le gouvernement ait déjà engagé le dialogue via le CNDS pourrait servir de voie de sortie, mais rien ne garantit un accord rapide.
La rédaction
