Dans le secteur stratégique des postes et télécommunications, la communication institutionnelle joue un rôle central. Les responsables publics ou para-publics sont régulièrement appelés à présenter des bilans, à défendre des réformes et à justifier des orientations qui engagent des ressources nationales importantes. Pourtant, lorsque le discours prend le pas sur les faits, le bilan peut devenir un simple outil rhétorique, vidé de toute substance.
C’est dans ce contexte que les prises de parole de Rose Paula Pricemou interrogent. À plusieurs occasions, elle met en avant ce qui est présenté comme un bilan de son action ou de sa gestion dans le secteur des postes et télécommunications. Or, pour de nombreux observateurs, ce bilan peine à se matérialiser à travers des données claires, accessibles et vérifiables.
Un bilan crédible repose normalement sur des indicateurs précis : évolution de la couverture télécom, qualité des services postaux, résultats financiers des opérateurs publics, impact réel des réformes engagées, ou encore amélioration mesurable de l’accès des populations aux services numériques. En l’absence de tels éléments rendus publics, la répétition d’un discours autosatisfaisant peut donner l’impression d’un bilan davantage proclamé que démontré.
Cette situation pose un problème de fond. Dans un secteur aussi sensible, la communication ne peut se substituer à la reddition de comptes. Présenter un bilan sans chiffres consolidés, sans rapports officiels publiés ou sans évaluations indépendantes, revient à demander au public un acte de foi plutôt qu’un jugement éclairé.
Il ne s’agit pas ici de nier par principe toute action menée, mais de souligner que la valeur d’un bilan ne se mesure pas à son exposition médiatique, mais à sa capacité à résister à l’analyse. Lorsque les résultats sont réels, ils peuvent être documentés. Lorsqu’ils ne le sont pas, le doute s’installe légitimement.
Au-delà du cas individuel, cette situation révèle une dérive plus large : la tentation, pour certains responsables, de « vendre » un bilan comme un produit politique, sans en fournir la notice technique. Or, dans le secteur des postes et télécommunications, où les enjeux économiques, sociaux et technologiques sont majeurs, cette pratique affaiblit la confiance des citoyens et des acteurs du marché.
L’exigence de transparence n’est pas une attaque personnelle ; elle est un devoir démocratique. Si un bilan existe, qu’il soit publié, détaillé et débattu. S’il n’existe pas encore, alors le reconnaître serait un premier pas vers une gouvernance plus honnête et plus responsable.
