Depuis plusieurs semaines, l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) est plongée dans une grave crise interne marquée par l’apparition d’un bicephalisme au sommet de son organisation, suscitant l’inquiétude des professionnels des médias et une polémique croissante au sein de la corporation.
Pourtant, l’instance régulatrice des médias, la Haute Autorité de la Communication (HAC), reste étrangement silencieuse, au grand dam de nombreux acteurs du secteur.
La crise a éclaté au début du mois de décembre 2025 lorsque des professionnels de l’information ayant constaté que le mandat du bureau sortant a expiré ont tenu le 29 novembre un congrès qui a abouti à l’élection d’un bureau exécutif .
Une election qui a mis en colère le camp de dame Aminata Camara qui a saisi l’instance de regulation à travers un courrier .Selon la lettre, ce congrès viole directement les statuts de l’AGEPI, puisque seuls les membres actifs possédant la carte professionnelle de presse délivrée par la HAC sont habilités à participer à une telle élection. Elle a également accusé un ancien président de l’AGEPI de vouloir instrumentaliser cette structure à des fins personnelles, notamment à l’approche de la mise en place d’une future Autorité de régulation des médias prévue par la nouvelle Constitution.
Une HAC silencieuse — pourquoi ?
La HAC, qui a pour mission de veiller au respect du pluralisme, de l’éthique et des normes professionnelles dans les médias guinéens, n’a jusqu’ici publié aucun communiqué officiel sur la crise à l’AGEPI ni sur la requête adressée par sa présidente. Des acteurs de la presse estiment que ce silence est « assourdissant » étant donné la gravité de la situation et le rôle que devrait jouer le régulateur dans la préservation de la légitimité des associations professionnelles.
Cette absence de prise de position officielle soulève des questions : la HAC se veut-elle neutre et attend-elle une issue judiciaire avant d’intervenir ? Est-elle elle-même confrontée à des pressions politiques ou institutionnelles ? Jusqu’à présent, aucune réponse publique n’a été apportée.
Plusieurs journalistes et représentants d’associations professionnelles ont exprimé leur frustration vis-à-vis du silence de la HAC, estimant que cet immobilisme pourrait affaiblir davantage la profession, déjà mise à rude épreuve par d’autres tensions et pressions institutionnelles ces dernières années. Des voix critiques affirment que l’absence de réaction risque de légitimer les divisions internes et de créer un précédent dangereux pour d’autres organisations professionnelles.
Alors que l’AGEPI appelle désormais la HAC à prendre ses responsabilités et à clarifier sa position, le monde de la presse guinéenne observe avec attention l’évolution de cette crise interne. La manière dont la HAC choisira de répondre — ou de continuer à se taire — pourrait avoir des implications durables sur la régulation de la profession et la crédibilité des institutions censées la protéger.
La redaction
