Les avocats de l’ancien aide de camp du capitaune Dadis Camara ont engagé une procédure en référé pénal devant le tribunal de première instance de Coyah pour contester les conditions de sa détention, après son transfèrement de la Maison Centrale de Coronthie vers la prison civile de Coyah.
L’officier medecin et ancien proches du chef de la junte militaire qui s’est emparé du pouvoir en 2009 après la mort du general Lansana CONTE a éte condamné le 31 juillet 2024 à dix ans d’emprisonnement pour crimes contre l’humanité, l’ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara était détenu à Coronthie depuis 2017.
A la suite des incidents survenus à la maison centrale le 10 février 2026, il a été transféré, selon les autorités, sur décision de l’administration pénitentiaire.
Une détention contestée sur le plan légal
Pour ses avocats, ce transfèrement soulève des irrégularités. Me Lancinet Sylla affirme qu’aucun document légal ne justifie la détention de leur client à Coyah. L’avocat s’appuie notamment sur les dispositions du Code de procédure pénale, selon lesquelles, dit-il, toute détention doit être fondée sur une décision judiciaire ou un mandat régulier. À défaut, la défense estime que la détention de son client est « irrégulière, arbitraire et illégale ». Elle demande soit sa libération, soit sa réintégration à la Maison centrale de Coronthie.
« Nous avons aménagé une procédure de référé pénal pour contester les motifs et la légalité de sa détention (à Coyah). Parce que vous n’êtes pas sans savoir que nous avons tous appris à travers un communiqué publié le 10 février 2026 par monsieur le procureur général que son transfèrement serait l’exécution d’une décision de l’administration pénitentiaire. Et nous avons été surpris de constater au cours de cette procédure de référé pénal, que ni le régisseur, encore moins le procureur, ne soit parvenu à nous communiquer la décision de l’administration pénitentiaire.
Or, au terme des dispositions de l’article 11.13 du Code des procédures pénales, un régisseur d’un établissement pénitentiaire ne peut recevoir ni détenir une personne qu’en vertu, soit d’une décision de condamnation, soit d’un mandat. Et très malheureusement, il n’y a aucune décision de condamnation, il n’y a aucun mandat qui nous a été présenté au cours de ce référé pénal pour établir que notre client est régulièrement détenu à la prison civile de Coyah. Nous avons donc demandé au président du tribunal de première instance de Coyah, qui est le juge des référés compétents, d’en tirer toutes les conséquences de droit et de libérer notre client », a déclaré Me Facinet Sylla chez nos confrès d’Africaguinée .
Mamadou Dian Diallo
