Dans une enquête publiée ce 23 juillet, Reporters sans frontières argue que les cyberactivistes des BIR-C, rattachés à la junte, « occupent le terrain numérique et s’attaquent aux voix dissidentes en toute impunité ».
Reporters sans frontières (RSF) accuse la junte au pouvoir au Burkina Faso de posséder une « milice numérique » qui mène sur les réseaux sociaux des campagnes de propagande et d’intimidation visant notamment les journalistes, dans une enquête publiée ce 23 juillet.
Depuis son arrivée au pouvoir, en septembre 2022, la junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré a créé un groupe de cyberactivistes très influents qui relatent la propagande des militaires sur les réseaux sociaux : les Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C).
Selon RSF, les BIR-C sont une « milice hétéroclite » mêlant « activistes, comptes anonymes, personnalités proches du pouvoir, et même un ministre en exercice », sans citer de nom. « Le groupe occupe le terrain numérique et s’attaque aux voix dissidentes en toute impunité », dit RSF qui l’a qualifié d’« essaim qui pique quiconque ose critiquer le capitaine Ibrahim Traoré ».
Intimidation, propagande et « raids en ligne » contre les opposants
L’organisation accuse notamment le groupe de faire de l’intimidation et de la propagande en faveur de la junte. RSF lui reproche également de véhiculer des récits favorables au régime sur la base de désinformation mais aussi de mener « des raids en ligne contre les détracteurs de la dictature militaire ».
Le groupe cible principalement les journalistes, affirme RSF qui a mené une enquête sur les BIR-C. L’ONG cite plusieurs exemples de journalistes qui ont, selon elle, été victimes de campagnes de dénigrement ou de mesures de répression de la part des BIR-C.
« Harcèlement en ligne, images détournées, insultes, menaces, calomnies, désinformation… Cette milice numérique déploie tout l’arsenal d’une machine de propagande et d’intimidation. Les journalistes en sont les premières victimes », a déclaré Arnaud Froger, responsable du pôle d’enquête de RSF, cité dans le document.
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Au Burkina Faso, RSF accuse Ibrahim Traoré de posséder une « milice numérique » qui cible les journalistes
Dans une enquête publiée ce 23 juillet, Reporters sans frontières argue que les cyberactivistes des BIR-C, rattachés à la junte, « occupent le terrain numérique et s’attaquent aux voix dissidentes en toute impunité ».
Ibrahim Traoré, à Ouagadougou, 20 mars 2025.
Ibrahim Traoré, à Ouagadougou, 20 mars 2025. © Présidence du Faso
Par Jeune Afrique
Publié aujourd’hui à 12h32
Lecture : 2 minutes.
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Reporters sans frontières (RSF) accuse la junte au pouvoir au Burkina Faso de posséder une « milice numérique » qui mène sur les réseaux sociaux des campagnes de propagande et d’intimidation visant notamment les journalistes, dans une enquête publiée ce 23 juillet.
Depuis son arrivée au pouvoir, en septembre 2022, la junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré a créé un groupe de cyberactivistes très influents qui relatent la propagande des militaires sur les réseaux sociaux : les Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C).
A lire : Burkina Faso : révélations sur la propagande numérique d’activistes pro-Ibrahim Traoré
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Selon RSF, les BIR-C sont une « milice hétéroclite » mêlant « activistes, comptes anonymes, personnalités proches du pouvoir, et même un ministre en exercice », sans citer de nom. « Le groupe occupe le terrain numérique et s’attaque aux voix dissidentes en toute impunité », dit RSF qui l’a qualifié d’« essaim qui pique quiconque ose critiquer le capitaine Ibrahim Traoré ».
Intimidation, propagande et « raids en ligne » contre les opposants
L’organisation accuse notamment le groupe de faire de l’intimidation et de la propagande en faveur de la junte. RSF lui reproche également de véhiculer des récits favorables au régime sur la base de désinformation mais aussi de mener « des raids en ligne contre les détracteurs de la dictature militaire ».
Le groupe cible principalement les journalistes, affirme RSF qui a mené une enquête sur les BIR-C. L’ONG cite plusieurs exemples de journalistes qui ont, selon elle, été victimes de campagnes de dénigrement ou de mesures de répression de la part des BIR-C.
« Harcèlement en ligne, images détournées, insultes, menaces, calomnies, désinformation… Cette milice numérique déploie tout l’arsenal d’une machine de propagande et d’intimidation. Les journalistes en sont les premières victimes », a déclaré Arnaud Froger, responsable du pôle d’enquête de RSF, cité dans le document.
« Loin d’être le simple mouvement spontané de citoyens qu’elle prétend être, elle constitue au contraire un groupe organisé, au sein duquel les autorités et leurs soutiens sont directement impliqués », a-t-il notamment accusé.
Depuis son avènement, le régime militaire a multiplié les mesures répressives contre les libertés : suspension temporaire ou définitive de plusieurs médias étrangers, arrestation ou disparition de nombreuses personnes, dissolution de nombreuses associations.
Jeune Afrique
