La justice guinéenne est au cœur d’une nouvelle polémique. Un magistrat a été radié du corps de la magistrature par décret présidentiel, une décision qui intervient après des critiques publiques formulées par l’intéressé à l’encontre d’un décret du chef de l’État. Il s’agit du magistrat Kaman Gongana dont le matricule est le suivant: 58 85 30 M) .
Selon les autorités, cette radiation fait suite à des manquements aux obligations de réserve, de dignité, de probité et de loyauté qui s’imposent aux magistrats. Le décret estime que les déclarations du magistrat sont incompatibles avec les devoirs liés à sa fonction et justifient la sanction disciplinaire la plus sévère.
Cette décision intervient dans un contexte où les prises de position publiques des magistrats suscitent un débat sur les limites de leur liberté d’expression. Si le statut de la magistrature impose un devoir de réserve, plusieurs observateurs rappellent également que l’indépendance de la justice constitue un principe fondamental de l’État de droit.
La radiation du magistrat a rapidement alimenté les réactions au sein de l’opinion publique et des milieux judiciaires. Pour certains, elle traduit la volonté des autorités de faire respecter la discipline au sein de la magistrature. Pour d’autres, elle pourrait être perçue comme une mesure susceptible de restreindre la liberté d’expression des magistrats, notamment lorsqu’ils s’expriment sur des questions touchant au fonctionnement des institutions.
À ce stade, les autorités n’ont pas communiqué davantage sur les circonstances précises ayant conduit à cette sanction, tandis que les réactions des organisations de défense des droits humains et des associations de magistrats sont attendues.
Cette affaire relance ainsi le débat sur l’équilibre entre le devoir de réserve des magistrats, leur liberté d’expression et l’indépendance de la justice en Guinée
