La sanction est désormais définitive. Algassimou Diallo, avocat général près la Cour suprême de Guinée et figure connue du procès des événements du 28 septembre 2009, n’est plus magistrat.
Réuni en formation disciplinaire ce jeudi 20 août 2026, le Conseil supérieur de la magistrature a décidé de sa révocation du corps de la magistrature, quelques jours seulement après sa suspension par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme.
La procédure disciplinaire avait été engagée après un arrêté signé le 18 août par le garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara. Le ministre avait évoqué des manquements aux obligations statutaires attachées à la fonction de magistrat, avant de saisir le Conseil supérieur de la magistrature.
Selon les informations rapportées après la décision disciplinaire, le Conseil supérieur de la magistrature s’est appuyé sur les articles 20, 35 et 36 de la loi organique L/054/CNT/2013 du 17 mai 2013 portant statut des magistrats. La révocation entraîne la perte définitive de la qualité de magistrat.
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible. Algassimou Diallo avait occupé une place importante dans le procès du massacre du 28 septembre 2009, notamment en conduisant les poursuites alors qu’il était procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn. Il avait ensuite été nommé procureur général près la Cour d’appel de Kankan avant d’être promu avocat général près la Cour suprême.
D’après des informations rapportées par plusieurs médias guinéens, les faits examinés par l’instance disciplinaire seraient liés à des soupçons de contacts et de manœuvres politiques. Ces accusations sont toutefois à présenter avec prudence, en l’absence, à ce stade, d’un document disciplinaire intégral rendu public détaillant l’ensemble des griefs retenus.
Avec cette révocation, c’est une page importante de la carrière judiciaire d’Algassimou Diallo qui se referme. Une mesure qui intervient quelques jours seulement après son interdiction de quitter le territoire national et sa suspension de ses fonctions d’avocat général.
La redaction
