En Guinée, dire la vérité ou dénoncer les tares est devenu haram. C’est ce principe qui a échappé à l’enseignant de Labé qui a lancé un SOS pour ses élèves.
Selon ses proches, il a été arrêté aujourd’hui et se trouve à la brigade de recherches de Labé. Le commandant lui demanderait d’appeler le média auquel il a accordé une interview pour se démentir.
Il devrait déclarer qu’il a quitté l’école de son plein gré et qu’il n’a pas été renvoyé. Toujours selon ses proches, sa libération serait conditionnée à cette déclaration.
Depuis quand une brigade de recherches est-elle chargée d’imposer à un enseignant ce qu’il doit dire à la presse ? S’il a commis une infraction, qu’on explique laquelle. Mais le garder enfermé pour obtenir un démenti, si les faits rapportés sont confirmés, c’est un abus de pouvoir.
Voilà comment certains exercent leur autorité et salissent le pouvoir qu’ils prétendent servir. Un enseignant demande de l’aide pour ses élèves et se retrouve à devoir négocier sa liberté en revenant sur ses propos !
Le ministère de l’Enseignement cautionne-t-il ce qui se passe à Labé ? Est-ce ainsi qu’il entend traiter les enseignants qui alertent sur les difficultés de leurs élèves ? Il doit s’expliquer.
Affaire à suivre
Abdoul Latif Diallo
Journaliste d’investigation
