Il est profondément choquant qu’en Guinée, l’idée même de manifester soit perçue comme un acte dangereux, susceptible de coûter la vie.
Cette réalité alarmante reflète une atteinte grave à un droit fondamental universellement reconnu et inscrit dans toutes les constitutions démocratiques. Elle pose des questions cruciales sur l’état de droit et la capacité des autorités à garantir la sécurité et la liberté d’expression des citoyens.
Manifester, c’est avant tout un outil pacifique pour exprimer une opinion, dénoncer des injustices, ou revendiquer des droits. Ce pilier essentiel de toute démocratie devrait être protégé, encouragé même, comme un moyen de maintenir un dialogue constructif entre les gouvernés et les gouvernants. Pourtant, en Guinée, ce droit semble systématiquement confronté à une répression brutale, transformant des rassemblements pacifiques en tragédies. Cette situation illustre la précarité des libertés publiques dans le pays.
Une telle dérive ne peut devenir une norme. Elle appelle à une remise en question urgente de la gouvernance, un sursaut de la société civile, et une intervention décisive de la communauté internationale.
Il est temps que les autorités guinéennes comprennent qu’un peuple écouté est un peuple apaisé. Ignorer cette vérité, c’est fragiliser davantage les fondements d’une nation qui aspire à la paix et à la justice.
Madiba kaba, journaliste chroniqueur.
