Aliou Bah, figure politique bien connue en Guinée, comparaissait en appel pour répondre à des accusations qu’il rejette en bloc. Lors de son intervention devant la cour, il a livré un plaidoyer empreint de fermeté et de conviction, dénonçant une arrestation arbitraire et un traitement injuste.
Une arrestation aux contours flous
Dès l’ouverture de son allocution, Aliou Bah a exprimé son incompréhension face aux charges retenues contre lui. “Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés. Les arguments avancés pour justifier mon arrestation sont infondés”, a-t-il déclaré, insistant sur le caractère politique de son interpellation. Selon lui, son engagement et son franc-parler dérangent certains intérêts, ce qui expliquerait cette tentative de le réduire au silence.
L’homme politique a aussi dénoncé les conditions de son arrestation, décrivant une interpellation brutale et une détention qu’il juge arbitraire. “Nous avons été retenus pendant quatre heures à la frontière, avant d’être transférés à Conakry par des hommes cagoulés et lourdement armés”, a-t-il relaté, soulignant le caractère excessif de l’opération menée contre lui.
Une incarcération qu’il considère comme injuste
Aliou Bah n’a pas mâché ses mots sur les conditions de sa détention. Il affirme avoir été enfermé dans une cellule insalubre, sans justification valable. “Ce qu’on me reproche, ce n’est pas un crime, mais une opinion qui dérange”, a-t-il déclaré, dénonçant ainsi une atteinte à la liberté d’expression.
L’homme politique affirme avoir simplement rappelé aux autorités leurs engagements et souligne que ses prises de position restent dans le cadre démocratique. “J’ai tenu un discours au Chef de l’État en affirmant : ‘Nous allons vous confronter à vos actes.’” Des propos qu’il considère comme une interpellation légitime des dirigeants, mais qui, selon lui, lui valent aujourd’hui cette persécution judiciaire.
Un engagement politique assumé
Aliou Bah a également révélé avoir été approché pour rejoindre la junte au pouvoir, une offre qu’il dit avoir refusée par souci de cohérence avec ses principes. “Vous vous êtes engagés à organiser des élections, alors faites-le. Je me présenterai et je me battrai sur le terrain des idées”, a-t-il rappelé, soulignant que son discours, autrefois bien perçu, semble être devenu gênant pour le pouvoir en place.
Il a ensuite posé une question fondamentale sur l’avenir du pays : “Quel type de société voulons-nous bâtir ?” En soulignant le contraste entre son arrestation et l’impunité dont bénéficient certains acteurs de la vie politique et économique, il interpelle les consciences sur les dérives du système.
Une attente de justice
Malgré cette épreuve, Aliou Bah reste déterminé et serein. “Je ne regrette rien de ce que j’ai fait pour mon pays”, a-t-il affirmé avec force, convaincu que la justice finira par lui rendre ses droits.
Son procès en appel représente bien plus qu’une simple affaire judiciaire : il incarne un test pour l’État de droit en Guinée et la capacité du pays à garantir une justice impartiale, loin des considérations politiques. Reste à savoir si la cour saura se montrer à la hauteur de ces attentes.
Par Madiba KABA
