L’organisation non gouvernementale féminine, Women In Mining-Guinée a publié ce mercredi 22 mars 2023 les résultats d’une étude sur l’impact du FODEL sur les femmes de Boké et Boffa. La cérémonie a mobilisé plusieurs acteurs évoluant dans les questions de gouvernants des industries extractives en Guinée dans un complexe hôtelier de Conakry.
Selon Aissata BÉAVOGUI, présidente Women In Mining- Guinée, le constat révèle que sur 600 projets octroyés dans le cadres du FODEL dans ces deux préfectures, seulement 30 ont été donnés à des structures gérées par des femmes.Un faible taux qui pour elle, s’explique par l’incapacité des femmes de ces deux préfectures minières à monter un projet fiable qui puisse leur permettre de décaisser ce montant mis à leur disposition.

« En 2022, on a eu un partenaire technique et financier avec l’ambassade du Canada pour faire une étude de l’impact du fond de développement économique et local, le FODEL qui représente une partie des fonds générés par les sociétés minières. Un fonds destiné à l’amélioration des conditions de vies des populations impactées par les activités minières. Et ce fond était censé être géré par les autorités locales au profit des populations. Donc on a lancé les activités l’année demière, on a envoyé des enquêteurs sur le terrain. Et les deux préfectures qu’on a choisies sont Boffa et Boké. Aujourd’hui, il s’agissait de faire la restitution des résultats de cette étude. L’étude c’était vraiment de voir comment ces fonds capturés par les couches féminines qui représentent les couches les plus vulnérables. Et le résultat montre que sur 600 projets octroyés, seulement 30 ont été donnés à des structures féminines. Donc ça montre qu’elles n’ont pas vraiment pu capturé cette manne financière. Ça c’est une partie. Et puis en parlant avec ces ONG, on s’est rendu compte que même du fait qu’elles ont des projets, le financement était minime, donc elles n’ont pas pu avoir des impacts à travers l’argent octroyé. Les résultats ont montré que certaines causes sont liées au niveau d’étude. Donc les femmes n’arrivaient pas à soumettre des projets car elles n’avaient pas le niveau pour participer à ces appels d’offres. Donc, y a vraiment un déficit de niveau de formation. Donc l’une des recommandations, c’est de voir comment avoir un appui technique pour ces organisations de femmes pour qu’elles puissent participer à ces appels d’offres », a-t-elle soutenu.
Pour Mamadou Saïdou Binbirinko BARRY directeur du bureau de stratégie du ministère des Mines, représentant des autorités en charge du département des mines, la présentation de ce résultat d’étude est une opportunité qui permet à son ministère d’avoir un œil sur la gestion du FODEL dans cette partie nord-ouest de la Guinée .

« Ce qu’il faut, on va revoir le mécanisme de gouvernance à la base. On va revoir comment ces fonds sont repartis. Et qu’est ce qu’il faut pour accompagner ces femmes beaucoup plus dans la formulation, la structuration et la mise à disposition des fonds. Parce que ce que j’ai compris dans l’atelier on nous dit que les fonds à dispositions des femmes de Boké et Boffa sont insuffisants.Donc, il faut travailler inverser la tendance pour qu’il y ait suffisamment de fond parce qu’elles sont les plus touchées par les activités minières. Donc on va travailler dans ce sens-là pour améliorer en tout cas la mise à disposition des fonds et l’accompagnement de ces femmes ».
Mamoudou DIALLO
