Après le baccalauréat, place à la bataille des « Lauréats », les fameux «10 premiers de la république» destinés à poursuivre leurs études à l’étranger.
La Guinée est peut-être le seul pays au monde qui organise méthodiquement la fuite de ses propres cerveaux. C’est hallucinant !
Cela fait plus de 30 ans que les 10 meilleurs élèves de chaque option du baccalauréat sont envoyés à l’étranger pour poursuivre leurs études.
Ça part toujours d’un bon sentiment, récompenser l’excellence.
Mais dans les faits, c’est une tragédie nationale.
Dans un monde où chaque pays se bat pour attirer les meilleurs talents, nous, nous exportons notre élite comme de la bauxite vers des pays qui n’attendaient que ça.
Soyons honnêtes : la grande majorité de ces jeunes brillants ne reviendront pas travailler en Guinée. Car la compétition internationale pour recruter les talents est trop féroce.
Pourquoi reviendraient-ils d’ailleurs dans un pays où le mérite est ignoré ? Où les compétences sont étouffées par les réseaux, les affiliations et la médiocrité érigée en système ? Où les opportunités ne récompensent pas l’effort, mais la proximité avec le pouvoir ?
Il est temps de se poser les bonnes questions.
Ces jeunes que nous exportons par dizaines chaque année depuis plus de 30 ans auraient dû être la « semence » pour augmenter la productivité de notre pays, dans l’optique de son développement.
Khare Man
