Thierno Hamidou Diallo, proviseur du lycée, a démissionné de son poste ce jeudi, 23 octobre 2025, a appris Guineematin.com à travers un de ses correspondants basé dans la région de Labé.
Il quitte son poste après qu’un vol d’un total de 22 batteries, 25 ordinateurs, une unité centrale et un onduleur ait été constaté au lycée de Tougué au mois d’août dernier.
Selon nos informations, Thierno Hamidou Diallo aurait démissionné suite à son inculpation suivie d’un bref séjour carcérale à la maison centrale de Labé. Pourtant, selon lui, il ne savait rien dans cette affaire.
« Certainement, vous avez appris qu’il ya eu vol de materiels au lycée de Tougué pendant les vacances. Quand je suis rentré après l’ouverture, j’ai constaté cela et j’ai partagé l’information avec l’ensemble des acteurs de l’éducation. Après avoir saisi la DPE, nous nous sommes dirigés à la gendarmerie qui est venue faire leurs investigations. Finalement, le dossier a été transféré à la police. Un jeudi, j’ai été auditionné à la police où j’ai fait ma déposition. Entre temps, il y a un professeur à qui j’ai l’habitude de confier les clés si toutefois je suis en déplacement, qui a eu des informations concernant l’une des batteries volées. Quand il m’a dit cela dans mon bureau, je lui ai dit d’aller à la police pour leur faire part de cette nouvelle. Et ils ont finalement réussi à mettre main sur l’une des batteries volées au lycée de Tougué. De dénonciation en dénonciation, les suspects ont été arrêtés et le dossier a été déféré a la justice. Chaque fois qu’un objet est retrouvé, le juge m’appelait pour venir identifier. Je partais avec des techniciens qui assuraient le dépannage vu qu’ils maîtrisent le matériel mieux que moi. Le juge, dans un premier temps, a mis les suspects et le professeur à qui je confiais les clés en détention à la gendarmerie. Un soir, j’ai reçu un appel du juge de paix de Tougué, qui m’a demandé de me rendre immédiatement à la justice de paix de Tougué. Le juge m’a demandé pourquoi je n’ai pas recruté un gardien ? et je lui ai répondu que cela n’était pas de mes prérogatives. Je lui ai même dit avoir écrit à la hiérarchie en 2022 pour d’abord attiré leur attention sur le fait que l’école n’a pas de gardien et ensuite, j’ai décliné toute responsabilité en cas de vol en dehors des heures de cours. Il m’a ensuite demandé si je connaissais le principal suspect dans cette affaire? Je lui ai dit que oui, vu qu’il est voisin à l’école et on a l’habitude de faire du thé ensemble chez eux. En ce moment, le principal suspect n’avait pas reconnu et le juge m’a inculpé et placé sous mandat de dépôt à la gendarmerie de Tougué jusqu’au vendredi passé. La gendarmerie a poursuivi les enquêtes et le suspect a expliqué comment il a accédé à mon bureau et a mené son opération. Finalement, deux receleurs ont été interpellés ainsi que le principal suspect qui est Mamadou Saliou Barry, chauffeur de l’ambulance de l’hôpital préfectoral de Tougué », a-t-il expliqué..
A la question de savoir la raison principale de son départ de la tête de l’établissement scolaire public de la préfecture Thierno Hamidou Diallo declare en ces termes :
« j’ai été inculpé, ainsi que mon professeur, les deux receleurs et le principal suspect. C’est le vendredi passé qu’ils ont reçu instruction de nous déférer à la prison civile de Labé. Je suis resté à la maison centrale et c’est le dimanche passé que j’ai été finalement libéré. Vous savez, là où tu gères, si on ne place pas une confiance en toi jusqu’à ce qu’on te met en prison, je crois que ce n’est plus la peine de continuer à gérer là-bas. J’ai protégé ce matériel du cyber pendant plusieurs années et toutes les missions qui y sont passées ont apprécié le cyber. Donc, si on m’accuse de vol d’un matériel que j’ai protégé durant 7 ans jusqu’à me déférer en prison, je me suis dis que ce n’est plus la peine de continuer à gerer là-bas », a-t-il expliqué.
Selon nos sources le principal suspect dans cette affaire Mamadou Saliou Barry et ses deux présumés complices, c’est à dire les receleurs ont été déférés à la maison centrale de Labé en attendant leur procès.
La rédaction
